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Vous êtes fan de la série « The Tudors » , vous avez aimé « Elisabeth » de Michael Hirst, vous êtes fan des films historiques sur la guerre et l'Allemagne, vous aimez lire des romans historiques sur la sombre période de l'Inquisition espagnole, vous vous intéressez aux dessous des programmes d’Histoire développés au lycée, vous vous posez des questions sur les ressorts de la politique pour convaincre et légitimer le pouvoir... Vous trouverez des réponses à vos questions ici: nous vous proposons de faire connaissance avec trois figures emblématiques qui ont marqué l'Histoire de l'Angleterre, de l'Allemagne et de l'Espagne, en convoquant des mythes et des héros pour légitimer leur pouvoir.


Elisabeth I d'Angleterre Modifier

Que savez-vous d'Elisabeth I d'Angleterre ?

Contexte Modifier

Elisabeth I naît en 1533 en Angleterre. C’est la fille d’Henri VIII, roi d’Angleterre de 1509 à 1547 et membre de la famille Tudor, qui se maria six fois. Son premier divorce provoque une crise politique : le pape de l’époque, Clément VII, refuse de le valider, ce qui conduit Henri VIII à rejeter l’église catholique. Il décide de faire de l’Eglise d’Angleterre, protestante, la religion officielle du royaume : c’est la Réforme anglaise. Elisabeth est la fille d’Anne Boleyn, la deuxième femme d’Henri VIII, qui fut exécutée deux ans après la naissance d’Elisabeth, sur ordre du roi. Dans un premier temps, Elisabeth est en effet déclarée illégitime. Après la mort d’Henri VIII en 1547, plusieurs membres de la famille Tudor se succèdent à la tête du royaume en l’espace de dix ans : Edward VI, Jane Grey, Mary I. Lorsqu’Elisabeth prend le pouvoir en 1588, elle est à la tête d’un royaume divisé, et doit reconstruire la figure du souverain pour unifier le pays comme son père a su le faire avant elle.

Les mythes Modifier

La reine Elisabeth I se voit attribuer durant son règne divers surnoms révélateurs quant à sa personnalité et sa politique. Le premier de ces surnoms est celui de «Virgin Queen » (« la reine vierge »). La virginité de la reine, associée à son refus de se marier, est en effet un trait particulièrement mis en valeur durant son règne, s’appuyant sur une conception de la pureté remontant au culte de la Vierge Marie. Elle apparait ainsi dotée d’une aura divine qui la distingue des autres femmes et lui permet de se dire l’épouse de son royaume et de ses sujets. Cela lui permet notamment de conserver le trône à une époque où l’homme était le détenteur légitime du pouvoir. Cette caractéristique, bien souvent contestée, a donné lieu à tout un ensemble de portraits et une littérature célébrant sa vertu – elle est notamment représentée avec des atours divers tels que des perles célébrant la pureté féminine.

L’image donnée d’elle s’éloigne cependant un peu plus de la réalité durant les dernières années de son règne. Ses portraits sont en effet de moins en moins réalistes. Les dégâts de la petite vérole sont dissimulés par divers artifices et les peintres tendent à donner l’image d’une reine sur laquelle le temps n’a pas de prise.

Cependant, la figure d’Elisabeth devient également mythique tout au long de son règne grâce à sa politique. Citons notamment la célèbre victoire de la flotte anglaise contre « l’Invincible Armada » espagnole en 1558. La déroute infligée aux espagnols est légendaire, d’autant plus importante qu’elle est inattendue. Forte de cette victoire, Elisabeth peut ainsi ajouter à l’ensemble de ses atouts l’aura d’un chef militaire victorieux.

Aujourd’hui, le règne d’Elisabeth I est parfois qualifié de « {C}golden age » (âge d’or) pour le pays, période durant laquelle l’Angleterre s’est élevée au rang des plus grandes puissances européennes.

Exercice Modifier

Elizabeth i the armada portrait

Portrait de l'Armada, George Gower, 1588

  • Elizabeth a 55 ans sur ce portrait, comment est-elle représentée ?
  • Qu’indique sa posture ?
  • Que représentent sa couronne et son large collier ?
  • Que symbolisent les perles ?
  • Que représentent les tableaux derrière elle ?
  • Que signifie la main posée sur le globe terrestre ?

Liens Modifier

Films: Elizabeth : http://www.youtube.com/watch?v=DyGBwrtIamw&feature=related

Elizabeth, The Golden Age : http://www.youtube.com/watch?v=0wNboYbgYjo&feature=related

Philippe II d'Espagne Modifier

Que savez-vous de Philippe II ?

Philippe II fut roi d’Espagne au XVIème, de 1558 à 1598, à la suite de son père l’emblématique empereur Charles Quint. Il est souvent associé à la légende noire de l’Espagne.

Philippe II à l’image d’un roi très catholique qui a combattu l’expansion du protestantisme en Europe, et envoyé des missionnaires en Amérique pour évangéliser le continent.

Fervent défenseur du catholicisme sur la scène européenne, il s’est opposé à d’autres grandes figures comme l’«infidèle » Elisabeth I d’Angleterre.

Contexte Modifier

Qui était-il réellement ?

Il est né en 1527 et devenu roi à moins de 30 ans. Il n’est pas exact de dire que Philippe II était roi d’Espagne : il régnait sur l’Aragon, la Castille, mais aussi la Sardaigne, la Sicile, les Flandres, le Portugal, le duché de Milan, sans oublier les nombreuses possessions des Indes d’Amérique, comprenant les provinces de la Nouvelle Espagne et du Pérou. Il possédait ainsi un royaume très étendu, et très divers, qu’il lui fallut contrôler et unifier autour de la langue castillane et de la religion catholique.

Les mythes Modifier

La légitimation du pouvoir grâce aux grandes figures mythiques.

Afin de légitimer son pouvoir et d’unifier son royaume, Philippe II convoque des mythes et légendes liés à l’histoire de l’Espagne, en s’inscrivant dans la lignée de grands héros, de figures mythiques : Don Pelayo , Le Cid, Les rois catholiques.

Don Pelayo (Pélage en français) est considéré comme le premier roi des Asturies et l'initiateur de la «Reconquista ». En effet, comme vainqueur de la bataille de Covadonga en 722 siècle, il libère les chrétiens des envahisseurs Maures et devient l'un des héros de l'Espagne.

Le Cid a servi le souverain Maure de Saragosse. Le mythe a pour contexte le conflit qui oppose le suzerain chrétien du Cid, le roi Alphonse VI de Castille, aux Maures de l'Espagne du Sud. Le Cid s’y illustre en héros et symbolise depuis l’honneur de la patrie, thème utilisé par Philippe II.

Les Rois Catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, consacrèrent par leur mariage l’union des deux couronnes en 1469. Ils représentent la victoire du catholicisme car ils menèrent la fin du processus de reconquête de la péninsule, jusqu’à la chute du dernier royaume musulman et l’expulsion des derniers juifs d’Espagne en 1492. C’est également sous leur règne que l’Amérique fut découverte et qu’ainsi les territoires de la couronne s’étendirent à ces lointaines possessions outre-mer.

Philippe II reçoit et honore l’héritage légué par ces trois figures mythiques en poursuivant leur œuvre. Il légitime ainsi une politique de reconquête et de défense à outrance du catholicisme afin d’unifier son immense royaume sur la base d’une religion commune. Philippe II,à la suite de Don Pelayo, du Cid et des Rois Catholiques œuvre pour la constitution d’un royaume chrétien soustrait à la menace DES hérétiques et des infidèles. La légende noire :

Son règne correspond à l'apogée de l'Espagne, mais d’autre part, reste dans la mémoire collective entaché par ce qu’on appelle la «légende noire ». Qu’est-ce que cette légende noire ? Il est intéressant de voir que cette légende fait partie intégrante des mythes construits autour du règne de Philippe II, mais dans une perspective négative, car relayée par ses ennemis de l’époque. Si lui se présentait comme le défenseur de la catholicité au service de Dieu, il fut dépeint comme un roi fanatique, obscurantiste, pratiquant une répression violente envers les hérétiques. C’est le l’Inquisition, c’est-à-dire le Tribunal du Saint-Office, qui est au cœur de la légende noire, car ses membres étaient chargés de pourchasser et combattre les pratiques hérétiques au sein du royaume. Le roi se sert de l’Inquisition pour justifier son œuvre au service de la défense de la foi catholique.

Exercice Modifier

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Portrait Anonyme de Philippe II, 1580

Commentez le tableau suivant :

Quelles sont les représentations du pouvoir ?

Quels sont les principaux attributs de Philippe II ?

Quelle idée cela donne-t-il de sa politique?

D'après ce que nous avons vu, sur quoi s'appuie sa politique de conquête

Liens Modifier

http://elblogdelprofesordelengua.blogspot.fr/2008/05/la-leyenda-del-cid.html


http://bib.cervantesvirtual.com/bib_obra/cid/


http://es.wikipedia.org/wiki/Reyes_Cat%C3%B3licos

Otto von Bismarck Modifier

Quand avez-vous entendu parler de Bismarck pour la dernière fois? A quoi associez-vous son nom?

Les médias français ont comparé dernièrement la chancelière Angela Merkel au chancelier de fer Bismarck, connu pour sa force de conviction et son caractère rigoureux. Mais qui était-il vraiment? Et quel fut son rôle dans l'histoire de l'Allemagne?

Contexte Modifier

Otto von Bismarck et l'unification allemande de 1871

Empire allemand

La Proclamation de l’Empire au château de Versailles, dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871, peinte par Anton von Werner.1885

L'Allemagne que nous connaissons aujourd'hui est un pays jeune. Longtemps elle n'était qu'un ensemble d'Etats ou royaumes allemands indépendants qui se trouvaient sous l'égide d'un lointain Empereur, l'Empereur du Saint Empire Romain Germanique. Le but des révolutions allemandes de 1848-49 était précisément de créer un Etat fédéral allemand sur le modèle américain et d'introduire par la même occasion plus de droits individuels et un régime constitutionnel. Cette tentative échoue. Il faudra attendre 1871 et la fin de la guerre contre la France pour que les Princes allemands s'unissent finalement. On parle d'unification allemande. L'acte fondateur est le serment des Princes dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles. Cette unification allemande est l’œuvre de Otto von Bismarck (1815-1898), chancelier prussien du Roi de Prusse, Guillaume Ier. La Prusse s'impose à l'époque comme le royaume allemand le plus puissant d'Allemagne. Grâce au poids du royaume et de ses qualités diplomatiques, Bismarck convainc les Princes allemands à s'unir sous l'égide du Roi prussien, qui devient alors Empereur d'Allemagne.

L'unification allemande est alors peut-être avant tout unification prussienne. Le pouvoir prussien était en passe de construire une nation allemande. On parle d'unification et de nationalisation par le haut.

Les mythes Modifier

Les mythes au service du pouvoir

La Prusse et Bismarck utilisent un héritage mythologique et légendaire germanique, c'est-à-dire originellement allemand (-urdeutsch), autour duquel tous les Allemands et tous les Princes sont susceptibles de s'unir et de se retrouver. Cet héritage est censé dépasser les particularités des petits royaumes indépendants et créer un Empire allemand uni. L'Empire allemand de 1871 est le second Empire, le premier Empire étant précisément le Saint Empire romain Germanique. Le but est de prouver qu'au Moyen-Âge l'Empire allemand était puissant, uni et fédéral.

Les mythes convoqués notamment par les historiens au service du pouvoir sont des mythes germaniques médiévaux :

  • la chanson des Nibelungen : un mythe national


Il s'agit d'une épopée médiévale allemande. Il s'agit d'une version allemande (écrite en moyen haut allemand) d'une légende scandinave ; Volsünga Saga. Elle décrit les exploits du héros germanique Siegried qui aide le roi burgunde Gunther à conquérir la main de Brunehild, puis son mariage avec Kriemhild, la sœur de Gunther.

Ce qui est mythifié, c'est le caractère des personnages, leur vertu, leur piété, leur fidélité. Mais contrairement à d'autres épopées mythiques ou mythologiques, on n'y trouve pas de fondation de nation, ou d'unification de nation décrite.

"Si l'on fait du Nibelungenlied, qui dépeint un univers glorieux, des hommes grands avec un sens viril de la patrie, si l'on fait d'une telle œuvre le livre éducateur de la jeunesse allemande, alors on parviendra à former des hommes vigoureux et à rétablir l'unité de l'empire." August Wilhelm Schlegel


  • le mythe borussien

Dans son ouvrage Histoire de l'Allemagne au XIXe siècle paru en 1879 l'historien prussien Heinrich von Treitschke s'intéresse à l'histoire de la Prusse et raconte l'histoire des germanophones à travers la destinée prussienne d'unir tous les États allemands sous son contrôle. La création du «mythe borussien » établit la Prusse comme le sauveur de l'Allemagne ; Il présente comme le destin de la Prusse de jouer le rôle dominant dans l'unification car elle-seule peut selon lui s'opposer à l'influence de la France ou de la Russie. La Prusse réutilise donc à son compte des symboles de puissance du Saint Empire romain germanique : l'aigle germanique, la couronne impériale... Le Saint Empire romain germanique et plus globalement le Moyen-Âge allemand sont donc instrumentalisés, mythifiés.

Exercice Modifier

Reichsadler

Armes de l'Empire allemand après 1888

Commentaire d'image → Repérez sur ce blason les symboles médiévaux.

→ Que vous inspire ce blason ?

→ De quel(s) autre(s) Empire(s) l'aigle est-il le symbole ?

Liens Modifier

Der Ring der Nibelungen par Richard Wagner

http://www.youtube.com/watch?v=-HujjNQPv2U

Die Nibelungen - adaption cinématographique par Fritz Lang, 1924

http://www.youtube.com/watch?v=1z0fHtp1whg

Pour aller plus loin... Modifier

  • Le wiki est ouvert et collaboratif : chaque pourra donc y publier le fruit de son exposé, une fois corrigé par le professeur. Vous pouvez également commenter cet article pour contribuer à son amélioration.
  • Quels sont les points communs, les différences entre ces personnages? Comment ont-ils utilisé les mythes pour légitimer leur pouvoir?
  • Travail en groupe: dans un exposé oral en anglais, espagnol ou allemand, donnez un exemple célèbre d'une figure historique ayant atteint le statut de mythe et analysez les moyens par lesquels cela a été possible.
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